Jeudi 25 juin 2009

                                                                                                                                                                                                                

















    






                             MA NAISSANCE - MA FAMILLE

                                

                          

Je suis née le 23 Septembre 1933 à la gendarmerie d'A. petite ville du centre de la France. Très pressée de venir au monde, je n'ai pas attendu la sage-femme que mon frère était allée chercher. A son arrivée, elle m'a trouvée dans les bras de mon Père.

A cette époque les femmes n'accouchaient pas à la maternité, elles accouchaient chez elles.

Pourtant les appartements de la gendarmerie ne présentaient aucun confort, à part l'eau courante. Pas de salle d'eau, pas de WC, on se servait encore de seaux hygiéniques et de pots de chambres, (les tables de nuit de cette époque avaient à peu près toutes un logement pour le pot de chambre) mais en principe les seaux et les pots ne servaient que la nuit, et pour les vider, le matin il fallait descendre dans le hall où se trouvaient les toilettes. Pas de chauffage, et pas de téléphone, en cas de véritable urgence il fallait descendre voir le planton, qui lui se serait chargé d'appeler quelqu'un.

Notre appartement était composé : d'une grande cuisine et de trois chambres. Une très grande chambre où nous couchions ma soeur et moi ainsi que nos parents, et deux autres chambres pour mes quatre frères.

Ses chambres se libérèrent assez vite, deux de mes frères partant, l'un pour l'école militaire de mécanicien d'aviation, l'autre pour l'école d'apprentissage de la sncf, ce qui nous valut à ma soeur et moi de changer de chambre et de ne plus coucher dans la chambre des Parents.

Mes deux autre frères firent de même et eux adoptèrent la chambre des aînés. Lorsque ceux-ci revenaient en permission, nous reprenions chacun nos anciens lits.

En pénétrant sous le porche de La gendarmerie, à droite l'appartement de l'adjudant,à gauche celui du commandant, ils avaient tous deux une entrée sur la façade et une sur la cour .

En avançant dans la cour, en face du porche, tout au fond l'abreuvoir des chevaux, derrière l'abreuvoir a droite l'écurie, à gauche le garage, (notre appartement était situé au-dessus du garage) et entre les deux, l'entrée du hall qui donnait accès aux toilettes et à droite l'escalier pour monter à notre appartement. 

Pour accéder au hall, deux entrées une dans la cour, comme je l'ai dit précédemment et une dans le hall qui donnait sur une rue adjacente derrière la gendarmerie.

En entrant dans l'appartement, un couloir amenait directement à la grande cuisine. Dans le couloir face à la porte d'entrée une patère dissimulait une porte d'accès à la grande chambre condamnée. Quand mon Père rentrait de son travail, il déposait son képi et son pistolet sur cette patère, assez haute pour que le pistolet ne soit pas à notre portée.

Je dis son travail, en fait Papa faisait des enquêtes, comme le font tous les gendarmes, mais à cette époque, il les faisait à vélo et non en voiture comme aujourd'hui. Dans toute sa période d'activité il a du faire une nombre incalculable de kilomètres à vélo. Il se déplaçait dans les campagnes pour différents litiges ou constats,aussi le soir il rentrait fatigué, cela se comprend aisément avec le relief que nous avons, et par tous les temps faire du vélo n'est pas chose aisée, même avec un entraînement journalier, en prenant de l'age, cela devait être assez pénible.
Les jours où il n'enquêtait pas, il était au bureau en tant que planton.
Il y avait une voiture à la gendarmerie, utilisée seulement par le Commandant ou un autre gradé. Un gendarme était préposé comme chauffeur. Très peu de gendarmes avaient leur permis, Papa ne l'avait pas.

Mais revenons à notre appartement, a droite du couloir, pour être bien en vue, un grand bahut en chêne ciré trônait en face de la fenêtre, à gauche de celle-ci l'évier.
Plus loin toujours à gauche un grand placard mural, servant à ranger les provisions et en face de lui la grosse cuisinière à charbon en fonte émaillée bleue, et le réchaud à gaz avec son four qui l'été prenait le relais de la cuisinière pour cuire les pâtisseries ou les plats concoctés par Maman.
Superbe ce réchaud à gaz avec son tuyau et ses robinets en cuivre toujours bien astiqués par Papa. Au centre de la pièce une grande table en bois à rallonges avec six chaises paillées, permettant à toute la famille de s'attabler.

En hiver la cuisinière à charbon <<ronflait>> nuit et jour, tandis que les chambre étaient chauffées par des poëles à bois (Mirus)

Pour la lessive, blanc et couleur une buanderie  était mise à disposition des familles. On pouvait y laver son linge, le rincer et aussi l'étendre pour le faire sécher.

Le blanc, il fallait le faire bouillir, nous avions pour ça une très grande lessiveuse qui lorsqu'elle était pleine pesait vraiment très lourd, Maman faisait appel à quelqu'un pour l'aider à la mettre sur le trépied, puis elle allumait du feu en dessous ( en ce temps là le trépied n'était pas à gaz) et faisait bouillir pendant 2 heure, ensuite c'était le rinçage à l'eau froide bien entendu.

Tout ça prenait beaucoup de temps et d'énergie. Je crois que les journées de lessive à cette époque étaient des
journées harassantes pour Maman, vu que nous étions une grande famille, de six enfants et cela représente beaucoup de linge à laver.

Je n'ai pas connu mes grands-parents, paternels et maternels. Ils étaient cultivateurs.
Mon Père était Fils unique. Ma mère issue d'une famille nombreuse.

Après son certificat d'études primaires, mon Père opta dans un premier temps pour la profession de cultivateur et ce jusqu'à son appel sous les drapeaux. Incorporé au 4ème régiment de zouaves en octobre 1910, il fut envoyé en disponibilité le 25 septembre 1912. Rappelé par décret de mobilisation générale le 3 août 1914, et passé au 18ème régiment d'infanterie.
Après diverses campagnes (Verdun, Craonne etc..), des blessures, de la captivité, il fut démobilisé le 11 juillet 1919.

Il décide alors de changer de profession et passe l'examen d'entrée à l'école de la gendarmerie de Mamers, il devint gendarme stagiaire le 7 janvier 1921.
Comissionné le 29 janvier 1921, dans l'emploi de gendarme à pied, il prête serment le 1er juin 1921, et rentre en activité à L. petit village du centre, il restera en poste jusqu'à sa retraite en octobre 1940 à la gendarmerie d'A où il avait été muté par la suite.

Papa et Maman se sont mariés le 18 octobre 1913.

De cette union sont nés 7 enfants : 4 garçons - 3 filles. Ma soeur aînée est décédée à l'age de 18 mois, et aujourd'hui nous ne sommes plus que deux, mes quatre frères étant décédés.


 











                                 

Par Mamy Ariane - Publié dans : VECU - Communauté : AUTOBIOGRAPHIE, BIOGRAPHIE
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  • : Mamy Ariane
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  • : Voyages Lecture Ecriture Photos Couture
  • : 76 ans, Retraitée,mariée, 4 Enfants, 7 Petits-Enfants, 1 Arrière Petit-Fils Matthieu, auquel je dédie le conte de fée Maroussia la Petite Sorcière Rousse.

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